Auto-hébergement : un an après, petit bilan avant le début des hostilités

« L’auto-hébergement c’est nul, ça fait rien qu’à faire des internautes libres. » (Pascal N., farouche opposant à toute forme d’émancipation)

Mouarf ! Reviens nous voir quand ça fera dix ans, là on causera…

Allez, soyez indulgent : un gâteau avec une seule bougie, c’est tout aussi émoustillant qu’un premier baiser raté. (Et pourtant, je vous jure qu’elle était belle !)

Et puis, vu que l’auto-hébergement c’est rigolo comme tout, s’arrêter en si bon chemin serait bien stupide. Donc, l’année prochaine, vous aurez sûrement droit au même billet insipide.

Nan mais qu’est-ce qu’il vient la ramener avec son CPU à 0.2 GHz, hein ?

En un an le matériel n’a pas beaucoup évolué : c’est une configuration mini-ITX à base d’Atom (D525 – 1.8 GHz) qui fait très bien l’affaire.

Récemment il y a eu l’ajout d’un disque SSD (pour les IOPS), 2 GO de RAM supplémentaire (pour Proxmox), un nouveau routeur (flashé dans la journée avec DD-WRT) et des bricoles comme un switch Gigabit (marre de se trainer à 100 Mbit/s), des câbles réseau (CAT 6 SFTP), quelques nappes SATA ou encore une bombe de gaz dépoussiérante.

A priori trois fois rien mais, mis bout à bout plus les frais de port à chaque commande, ça fini par sévèrement douiller quand même (c’est surtout le SSD et le routeur qui plombent salement la note).

D’après les factures, au niveau matériel, l’auto-hébergement m’aurait déjà coûté environ 500 €. (J’en vois certains qui s’étranglent, ne bougez pas, je vous apporte une corde…)

Donc à la question, est-ce que l’auto-hébergement est rentable, la réponse est plutôt mitigée : à configuration égale, la location d’un serveur dédié Atom coûte dans les 18 € par mois. Si je sors ma super calculette à trois boutons, cela signifie qu’il me faudra environ 2 ans et demi pour tout amortir (électricité incluse).

Bon, ceci étant, c’est une belle config et j’en suis vraiment très content : ça consomme trois fois rien (~20 W), la nuisance sonore est quasi nulle (deux ventilos « ultra-low-speed » en extraction) et visuellement, le boitier n’est pas si moche que ça.

Deux reproches cependant : le CPU est un poil « faiblard » (rien de dramatique, suffit d’optimiser) et surtout, les instructions VT ne sont pas supportées. (Gloups…)

Faire tourner Proxmox 2 sur un Atom ? Ha ha ! Vraiment n’importe quoi…

Et pourtant… Non seulement ça m’a changé la vie mais, en plus, ça marche d’enfer.

Au départ, comme je suis un vieux con réactionnaire (si, si ! j’assume…), la virtualisation ne me faisait ni chaud ni froid. Je voyais bien quelques avantages mais bon, pour moi c’était encore et toujours du vent brassé par les marketeux. (Surtout ceux qui veulent se la jouer « cool », genre « nous » on est différents)

Cependant, à force d’en discuter avec Exca et d’autres personnes, j’ai fini par faire un tour d’horizon des solutions open-sources/libres et Proxmox 2 s’est imposé. (VMware marche aussi très bien mais c’est pas vraiment libre et chaque option sympathique coûte un bras)

Donc, même pas peur, me voilà parti pour migrer tous les services sur une plate-forme virtualisée à base de conteneurs OpenVZ.

Au début c’est un poil long : faut lire la doc, faire des tests, revoir la config des différents services, préparer les machines virtuelles, vérifier, etc.

Mais maintenant, c’est que du bonheur : ma nobox ronronne et si j’ai besoin de faire des tests, hop, création d’une nouvelle VM : ça prend 30 secondes et on se retrouve avec un VPS flambant neuf. Du coup, on peut faire des essais comme un goret sans peur du lendemain.

A l’heure actuelle, il y a une petite quinzaine de machines virtuelles qui tournent : DNS interne, serveur MySQL, DNS public, serveur de mail, plate-forme LAMP, reverse proxy, serveur DHCP, serveur Samba, forward proxy, VPN vers la Hollande, client P2P, Redmine, etc.

Chaque service est isolé dans un container OpenVZ : ça peut sembler être beaucoup de boulot mais, à l’usage, c’est fichtrement simple.

Bref, je vous le dis tout net : même si vous me cassiez les deux jambes à coup de barre de fer, jamais je ne reviendrai sous un serveur « classique ».

Au niveau des bémols, l’Atom ne supporte pas les instructions VT : impossible, par exemple, de faire tourner un Windows en KVM (mais on s’en branle, n’est-ce pas ?) et impossible de créer une VM Linux avec un kernel différent du serveur hôte (ça, c’est beaucoup moins cool).

Donc, quand j’aurai plein de sous qui pousseront tous seuls par terre dans le salon (j’arrose tous les jours), ma prochaine Nobox sera à base d’Intel i3 ou i5, toujours en refroidissement passif, et là, on va voir ce qu’on va voir !

Mais, comprends-tu, l’essentiel ne serait-il pas ailleurs ?

Question fort utile utile à 4 heures du matin quand, totalement déchiré, on drague péniblement (le sable et les coquillages) en discothèque avec des boules Quies…

La technique est, faut dire c’qui est, un poil barbante. Alors les rencontres, même virtuelles, sont toujours plus agréables.

On peut échanger, bien souvent avec humilité, comparer des idées, en faire naitre d’autres et, au final, toujours apprendre.

Je voudrais donc remercier toutes les personnes qui ont commenté, envoyé des mails, partagé leur savoir ou encore répondu à mes questions débiles.

Merci à vous ! 🙂

A+

Il y a 27 commentaires de malades mentaux, le blog ne va pas tenir la charge

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